La fin de la Seconde Guerre mondiale : un document signé par le général Eisenhower (7 mai 1945).

À New-York, 27 mars 2002, lors de la vente des documents historiques américains de la collection Forbes chez Chritsie’s, se trouvait présenté un document exceptionnel, un peu noyé dans un catalogue riche et varié comprenant 192 lots dont entre autres des lettres de Georges Washington, Abraham Lincoln, des discours de John Fitzgerald Kennedy, de Richard Nixon et de Ronald Reagan. Ce document est en partie dactylographié et signé « Dwight Eisenhower » en tant que Commandant suprême des forces alliées. L’en-tête du document porte la mention « TOP SECRET » imprimé en rouge. Il est daté du 7 mai 1945, et si l’information n’est pas inscrite sur le document, il a été rédigé à Reims.

Il s’agit du document original (non une copie) du message le plus important de la Seconde Guerre mondiale, celui qui annonce officiellement la fin du long et terrible conflit en Europe. L’armée allemande est en état de déliquescence absolue, les armées américaines et russes se sont rencontrées le 25 avril à Torgau sur l’Elbe, Berlin est totalement encerclée et Hitler, le 30 avril, s’est suicidé dans son bunker. Le 2 mai, Berlin se rend définitivement. Le 7 mai , à 2h41, dans une salle du collège technique de Reims (aujourd’hui musée de la Réédition), le général allemand Alfred Jodl signe l’acte de réédition de l’armée allemande sans condition.

L’exemplaire original provenant de la collection Forbes de l’annonce officielle de la fin de la Seconde Guerre mondiale signée par Dwight Eisenhower.

Une fois l’acte de capitulation signé par le général américain Smith, le général Jodl et des représentants de la France et de l’Union soviétique, Smith suggère à son commandant que cette nouvelle soit communiquée aux chefs d’état-major. Smith et plusieurs de ses collègues de la SHAEF (Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force) ont tenté de composer le message historique. « J’en ai essayé une moi-même », a rappelé Smith, « et, comme tous mes collaborateurs, à tâtons pour des phrases retentissantes « . Les américains ne savent comment l’écrire, cherchent une formule. Eisenhower a examiné et rejeté une série de brouillons de messages proposés par son personnel, qui « cherchaient tous à faire naître un rhétorique, une chose qui ne manquerait pas de figurer dans les livres d’histoire »
Enfin, tôt le matin, le Commandant suprême Eisenhower rédige personnellement le message dont la teneur fut des plus concises : « La mission de cette force alliée fut remplie à 02.41 heure locale du 7 mai , 1945. « 

Charles de Gaulle et Dwight Eisenhower sur les Champs-Élysées en juin 1945

Le document de collection Forbes est le seul exemplaire officiel portant la signature autographe d’Eisenhower. Si plusieurs télégrammes avec signatures tapuscrites ont été envoyés, on n’en connait pas le nombre. On sait par ailleurs que pour commémorer l’évènement, Einsenhower a signé un petit nombre de documents non-officiels. Depuis 1945, seuls six exemplaires de ces documents ont été vendus aux enchères. Seul le « Forbes » est considéré comme un original. les cinq autres étant des reproduction dites « miméographique » (Fac-similé) portant certes une signature authentique d’Eisenhower mais postérieures aux évènements (le plus cher avait été adjugé 40.000 $ en 1997 chez Sotheby’s).

L’exemplaire Forbes avait été estimé au catalogue de 2002 entre 60.000 et 80.000 $. Il trouva un acquéreur à 160.000 $ (hors frais de vente) avant d’être revendu en France, en 2010, 1.410.100 $. Il fut la propriété du Musée des Lettres et Manuscrits (depuis disparu). Il est étonnant de constater que ce document n’est pas été préempté ou revendiqué par les Etats-Unis ou l’un pays alliés. Reste à savoir aujourd’hui si l’État français s’en est porté acquéreur à la suite de la fermeture du Musée des Lettres. Il pourrait ainsi revenir en ses lieux et être exposé à Reims.

Le général allemand Alfred Jodl (1890-1946) signant l’acte de réédition sans condition de l’armée allemande. Reims, 7 mai 1945.

Nicolas Copernic : Des Révolutions des sphères célestes, trésor de la bibliophilie.

Aujourd’hui, sortons un peu des autographes et des manuscrits afin de nous intéresser à leurs cousins : les livres anciens. Si il est encore possible d’acquérir une lettre ou un manuscrit (même un bout) de Newton, Darwin ou d’Einstein, il semble fort difficile de s’offrir Copernic (1473-1543). Et pour un amoureux des sciences, ce dernier est certainement le plus important d’entre eux. En démontrant que la Terre tourne autour du soleil et qu’elle n’est pas le centre de l’univers, Nicolas Copernic bouleversa l’histoire de la pensée. Il fut un détonateur, l’épicentre d’un séisme scientifique, philosophique et religieux, ce que l’on nomme « le révolution copernicienne ». 

L’Astronome, médecin, mathématicien et chanoine Nicolas Copernic (1473-1543)

Pendant près de 36 ans, Nicolas Copernic, convaincu de ses théories sur l’héliocentrisme, cacha celles-ci sans les divulguer (exceptées auprès de quelques amis choisis). Ce secret était une nécessité absolue compte tenu du danger que ses thèses auraient pu lui attirer de la part du Vatican (les représentations de l’univers et les bases de l’astronomie reposaient depuis 13 siècles sur les théories du système de Ptolémée (100-168 ap. J-C.). Néanmoins, ce risque inquisitorial n’explique pas pleinement les raisons de cette prudence. Les intuitions de Copernic devaient être démontrées scientifiquement, sans la moindre faille. Et cette démonstrations faisait face à des difficultés de calculs pratiquement insurmontables (notamment du fait que Corpenic ignorait les trajectoires elliptiques que Kepler allait découvrir un siècle plus tard). 

Pendant ces années de travail et de silence, Copernic rédige son oeuvre majeur : De Revolutionibus Orbium Coelestium (Des Révolutions des sphères célestes). Il termine sa rédaction en 1530. Ses thèses de l’héliocentrisme se diffusent jusqu’au pape Clément VII. Vers 1540, des copies de son essai circulent déjà. Ce n’est seulement qu’en 1543 que l’ouvrage parait chez un imprimeur basé à Nuremberg, l’année même de la mort de Copernic (il meurt le 24 mai à l’âge de 70 ans). Mort, Copernic ne fut jamais inquiété pour ses théories. En 1616, son livre fut cependant interdit par l’église catholique (interdiction qui ne sera levée qu’en… 1835). Cette interdiction n’était que partielle car l’Église avait autorisé sa publication à la condition que des corrections soient apportées à certains passages, et particulièrement ceux traitant du modèle héliocentrique. Chaque possesseur de l’ouvrage avait pour obligation d’effacer les passages interdits ou de les remplacer par des textes reconnus par l’Église (cette censure ne fut appliquée qu’en Italie tandis que des copies du texte intégral se diffusèrent à travers l’Europe).

Nicolas Copernic, De Revolutionibus Orbium coelstium, Libri VI, Nuremberg, Johannes Petreius, 1543.

L’édition originale de cet essai est un trésor bibliophilie inestimable, un des livres les plus célèbres et les plus convoités par les bibliophiles du monde entier. Relié en vélin souple, d’un format in-folio (278 x 200 mm) cet essai comporte 202 feuillets illustrés de 142 diagrammes gravés sur bois. Cette édition avait été imprimée à Nuremberg par Johannes Petreius. Le professeur d’université Owen Gingerich (né en 1930), chercheur en astronomie et en histoire des sciences à l’université d’Harvard aux Etats-Unis, n’a recensé que 277 exemplaires dont seuls 25 demeurent aujourd’hui en mains privées. Sur ces 25 exemplaires, seul 10 sont en reliure d’époque. 

En octobre 2005, à Paris, un fabuleux exemplaire de ce traité passa en salle de vente (Pierre Bergé / Collection Pierre Bérès). Estimé à 150.000 / 250.000 €, il fut adjugé 710.000 € (818.454 € frais de vente compris). L’exemplaire provenant du fonds de la librairie de Pierre Bérès (1913-2008) était un des trois plus grands connus. Connu pour son format et par la rareté de ses marges (il s’agissait d’un exemplaire en pleines marges, non rognées). 

Pierre Bérès avait acquis cet exemplaire lors d’une vente aux enchères en novembre 1967 à Genève (l’exemplaire porte un ex-libris manuscrit « H. Magli 1815). Lors de la vente de 2005, le bruit a couru que c’était un libraire anglais qui s’en était porté acquéreur, agissant pour un collectionneur français. Cet exemplaire a été prêté en 2014 à la galerie Gradiva (9 quai Voltaire à Paris) lors d’une exposition. Il dort désormais dans la bibliothèque (ou le coffre) d’un collectionneur privé dont le nom ne sera jamais divulgué. 

Quant au manuscrit lui-même, Copernic en fit don avant sa mort à son ami Tiedmann Giese (évêque de Chelano). Ensuite, Giese donna ce manuscrit à Georg Joachim Rheticus (1514-1574), célèbre astronome qui poussa et décida Copernic à publier son oeuvre. À la mort de Rhéticus, son disciple Valentin Otho de Magdebourg en hérita et l’emporta en Allemagne. En décembre 1603, Magdebourg le vendit à l’astronome Jakob Christmann (1554-1613) qui l’utilisa pour la préparation de son oeuvre « Theoria Lunae ». À sa mort, sa veuve le céda au philosophe et grammairien Comenius (Jan Amos Komensky). Aujourd’hui, le manuscrit de Copernic est la propriété de l’Université de Cracovie.

Le Testament politique de Louis XVI (1791) : le manuscrit retrouvé.

Louis XVI (1754-1793).

Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, Louis XVI et la famille royale s’enfuirent du château des Tuileries pour rejoindre à l’est, les troupes du marquis de Bouillé stationnées aux frontières du royaume. Quelques heures avant cette évasion, le roi rédigea et signa un manuscrit de seize pages nommé « Déclaration à tous les Français », et que l’on désigne aujourd’hui comme son testament politique. Dans ce manuscrit, Louis XVI clarifie nettement sa position à l’égard de la Révolution et son « projet » politique pour la France. Il conclut à l’adresse des parisiens : «Méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi, il sera toujours votre père, votre meilleur ami ». Enhardi par ce projet, Louis XVI, sortant incognito de Paris avec sa berline aurait déclaré : « me voilà donc hors de cette ville de Paris où j’ai été abreuvé de tant d’amertume. Soyez bien persuadés qu’une fois le cul sur la selle, je serai bien différent de ce que vous m’avez vu jusqu’à présent ». (Mémoires de la duchesse de Tourzel).

Sa Déclaration aux Français avait été confiée à son intendant de la Liste civile et ministre de sa Maison, Arnaud de La Porte (1737-1792). Ce dernier avait reçu pour mission de déposer le lendemain cette déclaration sur le bureau du président de l’Assemblée constituante qui en juin 1791 était Alexandre de Beauharnais (1760-1794). La déclaration aurait été ainsi lue devant tous les députés, tandis que Louis XVI aurait réussi sa fuite… 
Arrêtés à Varenne-en-Argonne après qu’ils aient été reconnus par un maître de poste (Jean-Baptiste Drouet), le roi, la reine et leurs enfants durent rentrer à Paris et sceller définitivement le sort de la monarchie qui sera abolie l’année suivante.

Dernière page du manuscrit autographe signé de Louis XVI, « Déclarations aux Français » (20 juin 1791)

Ce document est d’une très grande importance historique. Il dévoile l’intimité de la pensée de Louis XVI à l’égard de la Révolution. Décomplexé et certainement un peu enivré par la perspective d’une fuite réussie et par conséquent salutaire, on y découvre au fil de ce texte un monarque autoritaire et dont les positions sont nettes et tranchées (tandis qu’il avait dès les débuts de la Révolution hésiter, pour ne pas dire louvoyer). Ce manuscrit qui fut une pièce à charge pendant le procès du roi (décembre 1792 – janvier 1793) disparait semble t-il dès 1793 pour réapparaître seulement en 2009 lorsque le président de la société Aristophil (Musée des Lettres et des Manuscrits) s’en porte acquéreur pour 1 million d’euros auprès d’un collectionneur américain qui en était le propriétaire. On n’a jamais su de quelle manière et à quelle époque ce manuscrit avait pu traverser l’Atlantique.
Son retour en France fit sensation (on le pensait perdu) et Il devint l’un des joyaux de la grande collection privée de la société Aristophil. Cette dernière ayant cessé toute activité depuis 2014 (sur décision de justice), il est fort probable, comme la presse le laisse entendre depuis, que ce manuscrit sera probablement revendiqué par l’État français et rejoindra l’armoire de fer des Archives nationales.

Vous pouvez lire l’intégralité de la « Déclaration aux Français » à cette adresse

L’exécution d’un collaborateur en 1944 : une lettre autographe pendant l’épuration.

Ce mois-ci notre galerie propose une très intéressante lettre autographe relative à l’exécution du fonctionnaire et préfet de la Lozère Roger Dutruch (1893-1944). Nommé à son poste en 1941 par le gouvernement de Vichy, Roger Dutruch est mort fusillé après jugement d’un comité de résistance le 28 septembre 1944. Il lui avait été principalement reproché sa collaboration avec la gestapo et l’armée allemande lors de la sanglante répression contre le maquis Bir Hakeim en mai 1944 (61 résistants morts dont 35 fusillés et torturés).

Lettre autographe signée au sujet de l’exécution du préfet de Lozère Roger Dutruch en septembre 1944

Cette lettre est écrite par le beau-père de Roger Dutruch et adressée au maire d’Etrechy (Essonne). Nous retranscrivons ci-dessous quelques passages de ce témoignage qui met en lumière cette période trouble, ce moment de flottement historique où les haines, les ressentiments, les menaces de guerre civile, la fragilité d’un régime à reconstruire, les humiliations, sont à leur paroxysme :

« Mon pauvre gendre a été fusillé par une bande de brigands maitres de tout le département, après l’avoir incarcéré ils l’ont lâchement assassiné avant d’avoir reçu le recours engrave que le général de Gaulle avait expédié, précipitant ainsi le dénouement de ce drame horrible. Mon gendre, après s’être préparé chrétiennement à la mort a fait preuve d’un courage héroïque. « Sa mort, m’a dit ma fille, a été celle d’un saint et d’un héros ». Avant de mourir il a crié « Vive la France, je donne ma vie pour le salut de la France » ; et comme le chanoine qui l’assistait  lui disait qu’il allait célébrer pour lui la sainte messe, il a répondu qu’il le remerciait et qu’il y assisterait de là-haut. Telles furent ses dernières paroles.  (…)Pour vous donner le détail circonstancié de ce drame, il faudrait bien des pages où je pourrais étaler la perversité et la haine des assassins. ceux-ci, non contents de l’avoir tué ont inventé pour justifier leur crime cette rubrique : « exécuté pour intelligence avec l’ennemi » !!! Quelle sanglante ironie ! Tout prouve le contraire ; mais le tribunal révolutionnaire a voulu tout étouffer et l’avait condamné d’avance ainsi que cela se passait en 1793. Et voyez jusqu’ou peut aller le sadisme du crime, la lâcheté de la conscience humaine. (…)Non content d’avoir lâchement massacré un des meilleurs fonctionnaires de l’administration, on a voulu ternir sa mémoire et le déshonorer en prétendant qu’il était d’intelligence avec l’ennemi ; lui qui haïssait les allemands de tout son coeur, qui s’était engagé volontaire en 1914, qui a eu la croix de guerre et une belle citation, qui a été décoré de la légion d’honneur pour fait de guerre, qui a été blessé à Verdun et est retourné aux premières lignes sans attendre la guérison de sa blessure. Et que dire encore ? De ses qualités comme époux, père, ami et préfet ! Il vous suffira de savoir que toute la population de la ville capitale du département et même du département tout entier, n’a eu qu’un cri d’horreur pour protester contre un pareil forfait... »

Retrouvez tous nos documents historiques et nos lettres autographes sur note site internet.

De l’enfer : une lettre autographe de Jack l’Éventreur (1888).

Jack l’Éventreur est le tueur en série le plus tristement célèbre de l’histoire. Entre août et novembre 1888, il tua au moins cinq femmes dans les bas fonds du district de Whitechapel à Londres. Son identité et ses motivations demeurent encore aujourd’hui un mystère. On ne compte pas moins de 30 suspects dont le peintre Walter Sickert (1860-1942). Il est fort probable que nous ne connaitrons jamais le meurtrier et que cette affaire continuera à alimenter les thèses et les fantasmes.

La célèbre lettre autographe baptisée « from hell » du 15 octobre 1888, écrite peut-être par le vrai Jack l’Éventreur au président du Comité de vigilance de Whitechapel.

Dès le début, la police reçoit des centaines de lettres anonymes revendiquant les assassinats. La très grande majorité d’entre elles s’avère infondée, absurde et sans le moindre intérêt pour les enquêteurs. Les Archives nationales britanniques conservent aujourd’hui certaines de ces lettres. Parmi elles, trois ont attiré l’attention de Scotland Yard dont la célèbre « From Hell ». Datée du 15 octobre 1888, elle est adressée à George Lusk, président du Comité de Vigilance de Whitechapel. La particularité de cette lettre, c’est qu’elle était accompagnée d’une boite contenant la moitié d’un rein conservée dans de l’ethanol. Elle fut examinée par un docteur de l’hôpital de Londres et ses conclusions furent que ce bout de rein provenait bien d’un être humain. Les moyens scientifiques étant ce qu’ils étaient à cette époque, on ne pu conclure s’il provenait d’un homme ou d’une femme. Ce rein aurait pu être celui de Catherine Eddowes, l’une des victimes présumées de Jack l’Éventreur (elle fut assassinée le 30 septembre 1888, mutilée d’un rein).

Selon les chercheurs, cette lettre est celle qui bénéficie des probabilités les plus fortes d’avoir été écrite par le tueur. Cependant, elle n’est pas signée du pseudonyme « Jack the Ripper » (Jack l’Éventreur), et son orthographe trahit un faible niveau culturel. Mais était-ce pour tromper la vigilance des policiers ? Au moment des faits, les experts médicaux soupçonnaient les étudiants en médecine d’avoir monté un canular. George Lusk, de peur de se ridiculiser, tarda longuement avant de transmettre la lettre aux autorités.
Si des centaines de lettres écrites et reçues par la police sont conservées aujourd’hui aux archives, celle-ci a été perdue en même temps que le rein. Seule une photographie d’époque existe. Nous retranscrivons la lettre c-dessous :

« De l’enfer,
Mr Lusk,Monssieu,
Je vous envoie la moitié du Reint que j’ai pris à une des femmes, je vous l’ai consservée. L’aut morceau je l’ai fait frire je l’ai mangé c’était essellent. Je vous enverrai peu-être le couteau ensanglanté qui a servi à le sortir, veuillez simplement passienter un peut.
Signé : Attrape-moi si tu peux. Mishter Lusk
« 

Aux dernières nouvelles, des scientifiques britanniques auraient pu grâce à des traces ADN sur le châle d’une victime retrouver l’identité de Jack l’Éventreur. Il s’agirait d’Aaron Kosminski, un barbier d’origine polonaise mort en 1919 dans un asile. Néanmoins, d’autres scientifiques contestent cette étude et notamment l’authenticité du châle. Les débats sont encore loin d’être clos.

Aaron Kosminski (1865-1919), le principal suspect de l’affaire dont des traces ADN ont été retrouvées sur le châle de l’une des victimes.

Une des dernières lettres autographes du Maréchal Berthier avant sa mort (1815)

Notre Galerie propose actuellement à son catalogue une très émouvante lettre autographe (peut-être la dernière) du chef de l’État-Major de Napoléon Ier, le maréchal Louis-Alexandre Berthier (1753-1815). Pour ceux qui connaisse l’histoire du Premier Empire, la mort de ce maréchal est un mystère.

Rallié aux Bourbons après la première abdication de Napoléon Ier (avril 1814), le maréchal Berthier accueille lui-même Louis XVIII à Compiègne et est nommé pair de France. Son attitude aura été très critiquée mais elle s’explique aussi par une profonde lassitude après tant d’années de conquêtes, de batailles, de diplomaties et de retournement de situation. À 61 ans, comme d’autres maréchaux, Berthier ne souhaite plus que la paix. Au retour de Napoléon en mars 1815, Berthier suit Louis XVIII dans son exil à Ostende, ce qui lui vaut d’être rayé de la liste des maréchaux. Finalement, il part se réfugier dans son château de Bamberg en Bavière.

Tiraillé par ses sentiments de fidélité et son admiration pour Napoléon, Berthier tente de revenir en France. Mais il est assigné à résidence et est fait prisonnier de son château par le chancelier Metternich. Les adversaires de Napoléon savent trop bien l’importance que représente Berthier, maréchal de l’ombre mais lieutenant et logisticien redoutable.
Berthier, emprisonné dans sa demeure, bascule selon les témoins dans un profond état dépressif. Le 1er juin 1815, quelques jours seulement avant la bataille de Waterloo, Berthier est retrouvé mort après une chute du fenêtre du troisième étage de son château. Crime, accident ou suicide ? Les spéculations depuis deux cent ans vont bon train.

Notre lettre autographe a été écrite une semaine avant sa mort. Il écrit ce 22 mai 1815 au duc de Feltre et lui annonce qu’il a remis officiellement sa démission à Louis XVIII :

« Mon cher Duc de Feltre.
J’ai reçu votre lettre et en même temps une du Roy, l’état de ma santé est toujours mauvais, j’ai un bras presque perclus et je suis obligé de persister à me retirer de toute fonction militaire et conformément à ce que vous me prescrivez par votre lettre, j’adresse au Roy officiellement ma démission dans les termes de la lettre dont copie est ci-incluse. Vous me connaissez depuis 30 ans mon cher duc, assuré le Roy de ma fidélité dans ma retraite chez mon beau-père ou je suis occupé à soigner ma santé – en continuant les tristesses dans lesquelles je suis. Conservez moi mon cher duc, les sentiments de votre ancienne amitié.
Le Prince de Wagram.
Alexandre » 

Lettre autographe signée du maréchal Berthier en date du 22 mai 1815. Une semaine avant sa mort mystérieuse.

Napoléon regrettera beaucoup l’absence de son lieutenant. À Sainte-Hélène, il confia à Las Cases : « Si j’avais eu Berthier, je n’aurais pas eu ce malheur« . Ce malheur fut Waterloo.

Retrouver tous nos autographes du premier empire et nos autographes de Napoléon sur le site internet de la Galerie Thomas Vincent.

Une lettre autographe de John Lennon : sa brouille avec Paul McCartney (1971).

Le plus célèbre des groupes rock anglais s’était séparé officiellement en avril 1970 (le jour même de la sortie du premier album solo de Paul McCartney). Cette séparation qui fascine encore les esprits, a été la suite logique de nombreuses dissensions entre les membres du groupe et particulièrement entre Lennon et McCartney. Les deux compères de Liverpool ne partageaient plus les mêmes convictions musicales (et commerciales). La tension entre les deux hommes atteint son paroxysme en 1971.

Alors qu’il n’était pas encore parti s’installer à New-York avec Yoko Ono, John Lennon prend le temps d’écrire à McCartney une lettre au vitriol et règle ses comptes. Le contexte est tendu. Paul McCartney qui vient de sortir son deuxième album solo Ram (en duo avec sa femme Linda), semble avoir fait de nombreuses allusions à Lennon dans ses chansons et notamment une : Too many people. Si dans un premier temps l’artiste nie toute allusion, il reconnaitra en 2003 à propos de ce titre : « Je trouvais que John et Yoko disaient à tout le monde ce qu’il fallait faire, d’où la phrase Too many people preaching practices. J’enrageais de les voir agir ainsi. Enfin, c’est la seule attaque« . Aussi, Linda McCartney écrit au même moment une lettre à Lennon (de la part de Paul) pour lui exprimer sa colère à la suite des trop nombreuses remarques que John s’est permis de faire à leur encontre (sur leur légion d’honneur, sur la séparation des Beatles notamment). Lennon enrage, prend sa machine à écrire et son stylo, et rédige une lettre bien connues des fans des Beatles (Lettre baptisée « le coup de gueule de John »).

Cette lettre qui a été vendue chez Christie’s en 2001 puis en Californie en 2011 et à New-York en 2016, reste un mystère. On ne sait pas si elle est restée à l’état de brouillon, si elle a été envoyée et si il a existé une version au propre définitive. Tapée à la machine avec des rajouts autographes, cette lettre est à l’image même du caractère bouillonnant de Lennon. Je n’en donne ici que quelques passages :

« Je n’ai pas du tout honte des Beatles – (C’est moi qui ai lancé le groupe) – mais j’ai honte de toute la merde que nous avons endurée pour devenir si énorme… »

« Chers Linda et Paul,
Je lisais votre lettre en me demandant quelle sorte de fan malade des Beatles d’âge moyen avait bien pu l’écrire. Et j’ai résisté à la tentation d’aller en voir la signature pour le découvrir. je me demandais encore qui pouvait être l’auteur (…) C’est quoi ce délire – c’est Linda !
Vous croyez vraiment que la presse nous soutient vous comme moi ? Vraiment ? Qui pensez-vous que nous soyons vous comme moi ? Quant au passage sur « Notre ami auto-complaisant qui ne s’aperçoit pas du mal qu’il provoque » – j’espère que tu te rends compte de la merde dans laquelle toi et mes gentils et désintéressés amis nous avez mis Yoko et moi, depuis que nous sommes ensemble. Ça n’a pas manqué d’être un petit peu plus subtil ou devrais-je dire petit-bourgeois – mais pas souvent. Nous sommes souvent passés outre – et avons su vous pardonner tous les deux – donc, la oindre des choses serait que vous le fassiez pour nous – noble gens.
Linda – si ce que je dis ne t’intéresse pas – ferme là ! – laisse donc Paul s’exprimer par écrit – ou autre (…) Mais bordel Linda, tu n’écris pas dans le fan book des Beatles !!!

Je n’ai pas du tout honte des Beatles – (C’est moi qui ai lancé le groupe) – mais j’ai honte de toute la merde que nous avons endurée pour devenir si énorme – je croyais que nous en avions tous souffert à divers degrés – visiblement non. Tu crois pouvoir affirmer que l’art d’aujourd’hui est apparu à cause des Beatles ? – je ne te crois pas aussi cinglé – Paul – tu penses vraiment cela ? Quand tu arrêteras de le croire, tu te réveilleras ! N’avons nous pas toujours dit que nous étions une partie du mouvement – et non pas le mouvement dans son entier ? Bien sûr que nous avons changé le monde – mais il serait temps d’essayer de le suivre – DESCENDS DE TON DISQUE D’OR ET APPRENDS À VOLER ! (…) Je n’en veux pas ton mari, je suis désolé pour lui. Je sais que les Beatles sont des gens charmants, j’en ai fait partie, mais ce sont aussi de gros bâtards comme tous les autres, alors descends de ton piédestal ! (…) Alors, malgré tout, je vous aime tous les deux. de la part de nous deux. De la part de nous deux. P.S. : alors, tu comprendras qu’adresser ta lettre à moi seul – faut que ça cesse« .

John Lennon ne se contentera pas d’écrire une lettre. Il enregistre aussi un titre agressif directement adressé à McCartney : How do you spleep ? (Comment tu dors ?). Titre qui figure sur son album Imagine (1971). Les paroles sont explicites comme ces deux passages : « la seule bonne chose que tu as faite est Yesterday » (lui reprochant ses chansons trop doucereuses), « Ces tarés avaient raison quand ils disaient que tu étais mort » (mort artistique). Cerise sur le gâteau, qui vient prêter ses talents de guitaristes à la chanson ? : Georges Harrisson en personne qui ne porte plus McCartney dans son coeur. Les Beatles avaient définitivement explosés.

La lettre a été vendue en 2016 pour 30.000 $.

Le manuscrit autographe de « Sensation » d’Arthur Rimbaud

Ce célèbre poème de Rimbaud que j’affectionne particulièrement est issu du Cahier de Douai, recueil de 22 poésies écrit entre mars et octobre 1870. Ce manuscrit a beaucoup voyagé avant de rejoindre une grande collection publique.

Le Manuscrit autographe signé de « Sensation » d’Arthur Rimbaud de la British Library.

Âgé de 15 ans, et en pleine guerre franco-prussienne, Arthur Rimbaud fugue le 29 août 1870 de Charleville pour se rendre à Paris. À peine arrivé à la gare du Nord, il est contrôlé puis détenu à la prison de Mazas. De sa cellule, il écrit une lettre à son professeur et ami Georges Izambard (1848-1931) afin qu’il le libère en payant sa dette (Rimbaud avait voyagé avec un billet de transport invalide). Izambard lui vient en aide et lui offre un voyage de retour à Douai où il l’héberge une quinzaine de jours. C’est à ce moment que Rimbaud déposé le 26 septembre 1870 chez le poète et éditeur Paul Demeny, habitant Douai, un premier recueil manuscrit de quinze poèmes recopiés au propre (dont « Sensation » que Rimbaud date de mars 1870). Il livrera peu de temps après un second recueil de sept nouveaux poèmes.

Bien des années plus tard, Demeny vendit les manuscrits au journaliste et poète Rodolphe Darzens (1865-1938), première personne à entreprendre une enquête sur Rimbaud (il fera publier divers article en 1886 dans la revue La Vogue de Gustave Kahn). Les manuscrits passèrent ensuite entre les mains de l’éditeur Léon Genonceaux (1856-1942), du collectionneur et bibliophile Pierre Dauze (1852-1913) et celles de l’écrivain autrichien Stefan Zweig (1881-1942) qui les acheta aux enchères de l’hôtel Drouot en 1914 et les conserva jusqu’à sa mort en 1942 à Petrópolis au Brésil. La belle famille de Zweig cédèrent les manuscrits à la British Library de Londres où ils se trouvent aujourd’hui.  

Stefan Zweig (1881-1942) qui fut l’un des possesseurs des manuscrits du Cahier de Douai entre 1914 et 1942.

Il existe un autre manuscrit de « Sensation », qui se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet à Paris. Il s’agit d’une version similaire (signée « A.R. »). Ce second manuscrit est extrait d’une lettre de Rimbaud à Théodore de Banville datée du 24 mai 1870. Dans cette lettre, le poème est lui daté du 20 avril 1870 et est donc antérieur au manuscrit de Demeny (ce qui nous éclaire sur la date réelle de composition du poème). La lettre à Banville, retrouvée en 1920 dans les archives de Banville (mort en 1890) a été la propriété successivement de Louis Barthou et de Jacques Doucet qui légua ces manuscrits à l’Université de Paris.

Ce poème ne fut publié qu’en janvier-février 1889 dans La Revue indépendante. Je ne me prive pas pour mon plaisir et pour le vôtre peut-être de recopier ce magnifique poème en guise de conclusion :

« Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue
.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme
« .

Une lettre autographe signée de Galilée (1637) : trésor parmi les trésors.

Il est des personnages célèbres que les collectionneurs de lettres autographes et de manuscrits peuvent se résoudre à oublier et dont l’acquisition de la moindre trace écrite est une idée sans rapport avec la réalité. Parmi ces personnages célèbres se trouve le physicien, mathématicien et astronome italien Galilée (1564-1642).

Reproduction facsimile de la lettre autographe signée de Galilée passée en vente le 6 décembre 1961.

Il fut une époque où néanmoins l’idée était envisageable au gré des enchères. Le 6 décembre 1961, à Paris, au palais Galliéra, lors d’une vente organisée par Me Maurice Rheims avec l’appui des experts Pierre Bérès, Michel Castaing et De Nobele, une fantastique lettre de Galilée était proposée aux collectionneurs. Cette lettre entièrement autographe et signée « Galileo Galilei » était datée du 9 mai 1637 et écrite à Benedetto Guerini (1 page in-folio). Il ne s’agissait pas d’un simple reçu ou d’une liste quelconque. Cette lettre était relative à l’impression des plus importants ouvrages scientifiques de Galilée, à ses rapports avec le Grand-Duc de Toscane et à sa réclusion par le Saint-office. C’était l’une des toutes dernières lettres écrites par le savant avant qu’il devienne aveugle (7 mois plus tard).

Galilée écrit alors au secrétaire du Grand-Duc de Toscane de sa villa d’Arcetri, près de Florence où il était consigné par le Saint-Office depuis près de quatre ans (avec une interdiction absolue de se rendre à Florence). Galilée avait été condamné en 1633 pour avoir défendu les thèses coperniciennes (soutenant que la Terre tourne autour du soleil, et que celui-ci est le centre de l’univers).

Le Grand-Duc Cosme II de Médicis, empressé de secourir Galilée, lui a envoyé le Sieur Peri (le géomètre Dino Péri) pour l’aider dans son travail. Galilée écrit : « (…) L’aide du seigneur Peri en peu de jours me conduira au port où je trouverai le calme, non pas dans l’oisiveté mais en des études moins difficiles et plus agréables. Aujourd’hui, je suis avisé de Venise que la première feuille imprimée est en route, ce qui vous est une garantie qu’on travaille pour moi à Leyde, chez ces Elvézirs, les plus fameux imprimeurs de l’Europe ; ce sont eux aussi qui ont imprimé mon scandaleux Dialogue traduit en latin (…) ainsi qu’en dernier lieu ma Lettre à Madame Sérénissime de glorieuse mémoire, traduite aussi en latin et imprimée dans les deux langues, dont j’attends quelques exemplaires… »

Dans cette lettre, Galilée fait référence aux Discorsi e demonstrazioni matematiche qui s’imprimaient chez les Elzévier sous la surveillance du comte de Noailles, ambassadeur de France à la cour de Toscane et dédicataire de ce livre. Les deux autres ouvrages cités sont le Systema cosmicum et sa seconde partie, la célèbre lettre copernicienne à Christine de Lorraine, grande-duchesse de Toscane. Ces trois ouvrages étaient imprimés à l’étranger avec l’accord secret de Galilée et malgré l’interdiction du Saint-Office.

Galilée avait été informé que le Grand-Duc le recevrait volontiers s’il pouvait venir à Florence sans danger. Dans cette lettre, Galilée suggère donc un moyen de se rendre secrètement chez son altesse, dans un petit carrosse fermé qui viendra le prendre puis il prie son correspondant d’en faire la proposition et de remercier Son Altesse qui lui a procuré l’assistance du seigneur Péri.

La signature « Galileo Galilei » au bas de la lettre.

Pour la petite histoire, cette lettre a été adjugée 30.000 francs (soit l’équivalent de 47.000 € eu euros d’après l’INSEE) et avant de trouver un acquéreur, elle fut la propriété de l’écrivain, publiciste et collectionneur Jean Davray (1914-1985).

J’Accuse ! : le manuscrit autographe d’Emile Zola.

Le manuscrit autographe de la célèbre lettre-manifeste d’Émile Zola se trouve aujourd’hui aux archives de la Bibliothèque nationale de France. Il s’agit d’un manuscrit de 39 pages accompagné d’une enveloppe sur laquelle l’écrivain avait écrit « Manuscrit de ma lettre à M. Faure ».

Depuis sa rédaction, le Manuscrit de J’Accuse était resté dans la famille avant que l’arrière petite-fille d’Émile Zola ne se décide en 1987 à le vendre aux enchères. Compte tenu de l’importance de ce texte, un des plus célèbres de l’histoire politique française, le ministre de la Culture de l’époque, François Léotard, s’était opposé à cette vente. Grâce à une importante levée de fonds du Ministère, la Bibliothèque nationale s’en était portée acquéreur en 1991. 

Pout tous ceux qui souhaiterait  néanmoins posséder un document lié à ce texte, on peut encore trouver aux catalogues des salles de vente ou chez les marchands, l’édition originale du journal L’Aurore dans lequel était paru ce manifeste (13 janvier 1898). J’Accuse était paru sur six colonnes à la une et son titre (inspiré à Zola par Georges Clemenceau) saute aux yeux du lecteur, étalé en grand avec ces trois énormes point de suspension. Comme le relate Charles Péguy, « le choc fut si extraordinaire que Paris faillit se retourner ». 300.000 exemplaires furent écoulés en quelques heures. À propos de ce texte, Jules Guesde déclara qu’il était « l’acte le plus révolutionnaire du siècle ». 

À titre d’information, cette édition originale de L’Aurore avait été proposée lors de la vente de la bibliothèque de Dominique de Villepin en novembre 2013 chez Pierre Bergé. Le lot (remarquablement bien conservé ) avait été estimé 6.000 / 8.000 € (il ne trouva pas preneur). En mars 2018, chez Ader, un exemplaire avait été adjugé à 5250 €. 

La une du journal L’Aurore du 13 janvier 1898

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